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Comment une association ou une fondation peut-elle investir dans un avenir durable?

Alors que de nombreux organismes caritatifs investissent pour maximiser leurs rendements à long terme et pour générer un revenu régulier de leurs portefeuilles, certaines organisations souhaitent également que leurs investissements reflètent leurs valeurs, leur philosophie et leurs principes. Cette tendance est surtout marquée dans les pays Anglo Saxon, elle l’est beaucoup moins (en dehors des grandes associations et fondations) en France.

L’investissement durable (aussi appelé investissement socialement responsable – ISR) peut faciliter les investissements reflétant les valeurs d’une association. Il s’agit de tenir compte des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise (ESG) pour générer des rendements financiers compétitifs à long terme et un impact sociétal positif. Cet investissement répondant aux critères ESG, permet aux organismes caritatifs d’éviter les industries qui sont en conflit avec leurs activités et de soutenir les comportements d’entreprise qui sont alignés sur les leurs.

Les facteurs ESG ou l’ISR peuvent avoir un impact sur la performance financière

Les critères ESG peuvent toucher une gamme très large de critères. Cela peut couvrir les émissions de carbone, la santé et la sécurité des employés ou la gouvernance des entreprises. Ces critères sont de plus en plus importants: il peut y avoir un risque réel pour une entreprise de ne pas tenir compte de son impact environnemental (rappelez vous du cas de BP). Aujourd’hui de plus en plus d’investisseurs reconnaissent l’importance de ces facteurs et croient que la façon dont une entreprise gère les aspects environnementaux (E) et sociaux (S) de son activité peut être un signe d’efficacité opérationnelle et de productivité. La gouvernance d’entreprise (G), y compris la gouvernance et l’indépendance du conseil, peut indiquer la force du leadership et de la gestion d’une entreprise.

Aujourd’hui de nombreuses recherches soulignent également l’importance de ces facteurs pour les rendements des investissements à long terme. Il a été démontré plusieures fois que les entreprises ayant des notations ESG élevées ont un coût du capital plus faible et une volatilité de leurs action plus faible. Ne pas prendre en compte, par exemple, les réglementations relatives à l’énergie renouvelable ou relatives à l’environnement peut avoir un effet immédiat et souvent négatif sur les performances d’un investissement. Ces réglementations, si ignorées, peuvent engendrer des amendes, ou des changements soudains dans la valeur des actifs d’une entreprise.

Comment mettre en place une politique d’investissement responsable?

1- Comprenez ce qui est dans votre portefeuille

La première étape pour toute organisation caritative est de comprendre leurs investissements actuels. De plus en plus d’informations sur les critères ESG sont à disposition des investisseurs (Bloomberg par exempl). La qualité des données ESG a egalement ete amelioree et il est maintenant possible pour tout investisseur d’analyser son portefeuille. Nous prendrons 2 mesures qui peuvent être utilisées:

• Notations ESG: MSCI a par exemple une telle notation pour près de 6400 entreprises. Ces notations peuvent être utilisées pour évaluer les risques d’une entreprises.

• L’empreinte carbone: ces dernières évaluent l’exposition aux activités à forte intensité d’émission de carbone.

Les analyses ESG ne suffisent pas à elles seules pour prendre une décision d’investissement, mais elles peuvent constituer une analyse complémentaire de l’analyse financière traditionnelle. Grâce à ces analyses ESG, les associations et fondations peuvent prendre des décisions d’investissement plus en accords avec leur mission caritatives.

2- Les approches dans l’investissement socialement responsable

Une fois que vous comprenez ce qui est dans votre portefeuille d’investissement, il vous sera plus facile de mettre en place des objectifs et les étapes nécessaires pour arriver à ces objectifs. Il existe 4 grandes approches dans l’investissement socialement responsable. Ces approches diffèrent en fonction des objectifs d’investissement, et de l’exposition actuelle d’un portefeuille aux facteurs ESG. Souvent, les investisseurs utilisent des combinaisons des quatres approches d’investissement:

  • Exclusions sectorielles ou normatives: consiste à éviter les secteurs ou les entreprises qui s’opposent à votre mission caritative.
  • Inclusions sectorielles ou normatives: implique la sélection des secteurs ou des entreprises qui aident à réaliser votre mission caritative.
  • L’approche thématique: implique soit de privilégier le « best in class » (les entreprises les plus vertueuses de leur secteur d’activité), soit d’investir exclusivement (ou presque) dans des entreprises actives dans des domaines précis.
  • L’engagement actionnarial: implique l’utilisation de votre influence (souvent avec d’autres investisseurs) pour changer les comportements négatifs des entreprises dans lesquelles vous pouvez être investi.

Une fois que votre comité d’investissement a décidé d’une approche, mesurez son impact sur le long terme. Par exemple, si votre association est focalisée sur l’environnement, celle ci peut mesurer et produire des rapports sur le niveau d’énergie “propre” produite au niveau du portefeuille.

Article traduit inspiré d’un rapport publié par Blackrock en Anglais.

 

Pourquoi votre association ou fondation doit-elle Intégrer les facteurs ESG dans son processus d’investissement?

L’importance de l’investissement socialement responsable (SRI) a considérablement augmenté ces dernières années et est devenu presque une forme d’investissement traditionnel pour certains investisseurs. Cette tendance est probablement irréversible et pour de bonnes raisons. Les préoccupations relatives à l’environnement (pénurie d’eau, changement climatique et épuisement des ressources naturelles en général) – illustrent bien que les facteurs environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) peuvent avoir un impact significatif sur la performance d’une entreprise et de ses actions, et donc sur les portefeuilles d’investissement. Par conséquent, l’intégration des facteurs ESG dans le processus d’investissement est essentielle pour optimiser les caractéristiques risque / rendement de son portefeuille. L’adoption de cette forme d’investissement pour les associations et fondations s’accélère dans les pays anglo saxon, mais la France reste encore à la traîne.

Misconception que l’investissement socialement responsable diminue la performance

L’une des raisons pour lesquelles l’investissement socialement responsable est encore peu adoptée par les investisseurs, et notamment les organisations caritatives, est la fausse perception qu’investir de manière responsable (ce qui signifiait par le passé exclure certains investissements d’un point de vue éthique) réduit l’univers investissable et aurait donc un impact négatif sur les performances dudit investissement. Pour cette raison, de nombreuses associations et fondations ont refusé pendant longtemps d’adopter une politique d’investissement responsable, disant que cette politique constituerait une violation de leur obligation fiduciaire qui serait de maximiser le rendement de leurs investissements.

En réalité, de nombreuses études ont prouvé maintes fois que l’incorporation de facteurs ESG améliore le rendement (avec une certaine protection à la baisse – évitant les gros scandal du type BP) et améliore les caractéristiques rendement d’un portefeuille d’investissement par rapport à son risque. D’autres études ont montré une corrélation entre de bons scores ESG pour une entreprise et la performance du cours de ses actions. Ces constatations sont peu surprenante sachant que l’objectif d’investir de façon responsable est tout simplement la rechercher des modèles économiques durables, qui permettent souvent à une entreprise d’avoir un avantage concurrentiel. Il est maintenant admis, que l’utilisation de facteurs ESG dans sa politique d’investissement n’est pas une violation de l’obligation fiduciaire d’un gestionnaire des actifs d’une association ou fondation. Aujourd’hui l’intégration des facteurs ESG est souvent considérée comme une approche plus complète de l’investissement (en plus du travail de valorisation financière). Cette prise de conscience conduit progressivement à mettre davantage l’accent sur

Impact sur la réputation et la société en général

Nous l’avons souligné plusieures fois, l’atout principale d’une association ou une fondation est sa réputation. Sans reputation, trouver des donateurs sera presque impossible. Or aujourd’hui, les risques de réputation pour les organismes caritatifs est potentiellement plus grands quand on regarde à quelle vitesse l’information peut se diffuser. Nous avons parlé plusieures fois du Royaume Unis qui a été récemment secoué par un scandal liant l’investissement de L’Eglise anglicane dans la plus grosse société de prêts sur salaire du pays, Wonga, une société qu’elle dénonçait elle-même. Ce scandal a été suivi par l’exposé des investissements d’une autre association, Comic Relief, dans les sociétés de tabac, d’alcool et d’armes et l’annonce de la perte de Greenpeace d’environ 3 millions de livres sterling due à la spéculation sur les devises. Tous ces scandals ont impacté négativement ces associations, détruisant une partie de la confiance du public. L’intégration des facteurs ESG dans le processus d’investissement aurait aider ces organisations à se prémunir contre ce risque de réputation de plusieurs façons. Tout d’abord, une politique d’investissement responsable naturellement met l’accent sur des entreprises ayant des modèles économiques plus durables, ce qui devrait avoir un effet positif sur la société et l’environnement (toute association serait par définition en accord avec ce principe). Mais surtout l’investissement responsable offre aux associations la possibilité de refléter leurs propres croyances et valeurs dans leurs portefeuilles d’investissement. Une association soutenant les victimes de la guerre ne peut pas justifier “moralement” un investissement dans une société qui principalement fournit des armes. Mais investir responsablement ne doit pas seulement exclure certaines entreprises (c’est le problème de la sur-performance des industries du tabac, armes, jeux etc…), mais peut également chercher à savoir quelles entreprises sont en progressions lorsque les facteurs ESG sont analysés (le marché s’éloigne lentement d’une approche uniquement motivée par l’exclusion).

Impact sur la possibilité de collecter des dons

Pour les associations, le sujet de l’intégration de critère ESG dans leurs investissement est également de plus en plus important du point de vue de leur possibilité de récolter des dons. Les donateurs sont de plus en plus sensibles à une attitude responsable des associations (voir le récent scandal de Oxfam au Royaume Unis), et une intégration ESG appropriée dans le processus d’investissement peut être un facteur important dans leur décision de soutenir un organisme comparé à un autre.

L’intégration des facteurs ESG

La façon dont les investisseurs intègrent les facteurs ESG dans leur processus d’investissement a également progressivement évolué. Traditionnellement, analyser les facteurs ESG n’étaient souvent pas entièrement inclus dans le processus d’investissement ou étaient considérés comme extérieurs à celui-ci. Aujourd’hui une analyse financière doit toujours inclure une vue sur les facteurs ESG, dont l’omission pourrait conduire conduira à une évaluation incomplète de la juste valeur d’une entreprise. Le point essentiel de l’intégration des facteurs ESG dans une analyse d’investissement est de regarder l’importance de ces facteurs. Des facteurs importants comprennent les normes de sécurité, l’impact sur l’environnement, les questions sociales et de travail (une association qui aide les enfants forcés à travailler dans des pays défavorisés ne peut pas investir dans un société qui emploi des enfants dans ces usines), et la corruption. Au Royaume Unis, les associations intègrent parfois des critères plus strictes, y compris les critères immatériels, qui reflètent leurs valeurs et leurs croyances. Par exemple, l’Église anglicane, a comme principe de déconseillé d’investir dans les sociétés qui réalisent plus de 3 % de leurs bénéfices dans la pornographie, 10 % dans la défense et 25 % dans des activités relatives à l’alcool, les jeux d’argent et impliquant des taux d’intérêt élevés.

Les associations et fondations en France suivront rapidement les pas des pays anglo saxons en réalisant une véritable intégration ESG dans leur processus global d’investissement. Nous voyons déjà certaines grandes fondations en France publier de l’information sur leurs investissement responsables. Cette tendance ne fera que s’accroître.

3 actions à prendre pour une association ou une fondation qui veut investir de façon socialement responsable (ISR)

Selon un dernier rapport d’une grande banque anglaise, les investissent des associations et des fondations s’élèvent à près de 9 milliards de livres sterling par le biais de dotations, de réserves, de fonds de pension et d’autres investissements – générant des rendements nécessaires au soutien de leurs objectifs. Cependant, l’atout le plus précieux d’un organisme caritatif reste sa réputation auprès du public. Sans réputation, il n’y a plus de donateurs, particuliers ou institutionnels. Le Royaume Unis a été récemment secoué par un scandal liant l’investissement de L’Eglise anglicane dans la plus grosse société de prêts sur salaire du pays, Wonga, une société qu’elle dénonçait elle-même. Ce scandal a été suivi par l’exposé des investissements d’une autre association, Comic Relief, dans les sociétés de tabac, d’alcool et d’armes et l’annonce de la perte de Greenpeace d’environ 3 millions de livres sterling due à la spéculation sur les devises.

Les organes de gestion d’une association ou d’une fondation doivent être très attentifs portefeuille d’investissement de leur organisation pour éviter les investissements contraires aux buts poursuivis et favoriser ceux qui les soutiennent sans remettre en cause la rentabilité financière. Il est important de se rappeler que les investissements peuvent également avoir un impact social positif, en aidant une association ou une fondation à atteindre ses objectifs de la même manière que les subventions, les campagnes ou les campagnes de financement.

Il n’y a pas de formule magique pour éviter totalement les risques d’investissement, cependant, ces trois étapes peuvent aider les organes de gestion des associations et fondations à se conformer aux meilleures pratiques:

Comprendre vos investissements actuels

Le point de départ essentiel est de comprendre exactement ce qui est dans votre portefeuille d’investissement. Dans le cadre de la gestion moderne des actifs, les conseillers en placement et les gestionnaires de fonds encouragent les investisseurs à diversifier leurs placements dans des domaines tels que les fonds OPCVM, les capitaux privés, les fonds d’infrastructures, les fonds spéculatifs, etc….

Vos conseillers peuvent vous aider à générer des rendements à long terme, mais ils emmènent également une certaines complexité due au fait que les investissements réalisés peuvent être cachées par des structures intermédiaires. C’était le cas de l’investissement de l’Église anglicane dans Wonga qui avait été réalisé indirectement par l’intermédiaire d’un «fonds de fonds», qui avait investi dans un fonds de capital-risque américain qui lui-même avait co-financé le lancement de Wonga. La première étape clé de votre processus d’examen est donc de demandez donc à vos conseillers et gestionnaires de fonds d’expliquer tous les investissements sous-jacents de votre portefeuille.

Trouver un équilibre

La deuxième étape cruciale pour les responsables d’une association ou d’une fondation est de décider d’un certain équilibre entre la mission de celle-ci et ses objectifs d’investissement. Par exemple, l’Église anglicane, a comme principe de déconseillé d’investir dans les sociétés qui réalisent plus de 3 % de leurs bénéfices dans la pornographie, 10 % dans la défense et 25 % dans des activités relatives à l’alcool, les jeux d’argent et impliquant des taux d’intérêt élevés.

Au Royaume Unis, la Commission des Trustees stipulent que les organisations caritatives doivent obtenir le meilleur rendement ajusté au risque de leurs placements et que les trustees doivent établir des objectifs financiers clairs et éviter les investissements “risqués associés à leur mission caritative”.

Dans cette optique, il existe désormais sur le marché un nombre fonds de placement sociaux, environnementaux, éthiques, ou de développement durable qui offrent une gamme d’investissement responsable et peuvent générer des rendements identiques ou supérieurs au rendement des fonds traditionnels.

Personnalisez votre approche

La dernière étape consiste à décider quelle stratégie d’investissement socialement responsable correspond le mieux à votre organisation. Historiquement, l’investissement éthique a été compris comme étant un investissement d’exclusion, c’est à dire que l’investisseur prenait la décision de ne pas investir dans des entreprises ou des secteurs particuliers. Cependant, cette vision a depuis évolué. Il y a aujourd’hui quatre façons de mettre en pratique l’investissement responsable:

  • Exclusions sectorielles ou normatives: consiste à éviter les secteurs ou les entreprises qui s’opposent à votre mission caritative.
  • Inclusions sectorielles ou normatives: implique la sélection des secteurs ou des entreprises qui aident à réaliser votre mission caritative.
  • L’engagement actionnarial: implique l’utilisation de votre influence (souvent avec d’autres investisseurs) pour changer les comportements négatifs des entreprises dans lesquelles vous pouvez être investi.
  • L’approche thématique: implique soit de privilégier le « best in class » (les entreprises les plus vertueuses de leur secteur d’activité), soit d’investir exclusivement (ou presque) dans des entreprises actives dans des domaines précis.

Il existe de nombreux exemples d’associations ou de fondations en france qui utilisent plusieurs de ces pratiques.

L’investissement socialement responsable (ISR) pour les associations et fondations

Alors que de nombreuses associations et fondations investissent pour maximiser leurs investissements à long terme et générer un revenu régulier de leurs portefeuilles, certaines organisations souhaitent également que leurs investissements reflètent leurs valeurs, leur philosophie et leurs principes. Cette tendance, surtout marquée aux Etats Unis et dans les pays anglo-saxons, s’appelle l’investissement socialement responsable.

1- Qu’est-ce qu’un investissement socialement responsable (ISR) ?

L’investissement socialement responsable est une forme de placement consistant à tenir compte dans ses investissements des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance d’entreprise (“ESG” en anglais) pour générer des rendements financiers compétitifs à long terme et un impact sociétal positif. L’idee est d’utiliser en plus des critères financiers, des critères ESG.

2- Pourquoi choisit-on d’investir dans l’ISR quand on est une association ou une fondation?

Cette approche à l’investissement permet aux associations et aux fondations d’éviter les industries qui sont en conflit avec leurs activités et de soutenir les comportements d’entreprise qui sont alignés sur les leurs sans pour autant renoncer à la performance financière. Par exemple, une association peut souhaiter éviter les entreprises susceptibles de présenter des risques d’ordre environnemental, social ou de gouvernance dans la mesure où ces risques sont des risques que ladite association essaie de minimiser.

Nous écrirons une série d’articles permettant aux associations et fondations de mieux comprendre l’ISG. Contactez nous pour plus d’information.