L’investissement d’impact dans les entreprises sociales pour les fondations

Selon le centre Français des fonds et fondations, l’ « Impact Investing » se définit comme une approche de l’investissement qui a comme premier objectif une réponse à un besoin social avec éventuellement un retour financier « modéré ». L’impact investing est très immature en France comparé aux pays anglo saxons. Or il est clair que les fondations devraient considérer les investisseurs à impact de façon plus active, en se concentrant sur le financement d’entreprises sociales qui sont souvent négligées par les investisseurs traditionnels qui cherchent un retour financier équivalent à celui du marché.

Dans les pays anglo saxons, l’investissement d’impact, qui permet à la fois des rendements financiers et des rendements sociaux, attire de plus en plus d’investisseurs, la plupart étant des investisseurs privés. Les fondations, ayant des missions principalement sociales, semblent cependant être des candidats naturels pour l’investissement d’impact. Mais jusqu’à présent, les fondations se sont peu investies dans ce secteur. Un rapport de la banque JP Morgan de 2015 établi que les fondations ne représentent que 6% des 60 milliards de dollars alloués à la gestion d’impact dans le monde entier. 40% de ces 60 milliards de dollars est représenté par les Etats Unis.

Dans certaines régions, les fondations représentent seulement 2% des investissements. Dans ces régions, les fonds privés ou les institutions gouvernementales restent les investisseurs les plus importants. Cependant la plupart des investisseurs privés cherchent à obtenir des retours financiers équivalents à ceux du marché. Or, les entreprises dont le modèle économique n’est pas prouvé, ou qui se concentrent sur les plus démunis (fournir de l’eau potable par exemple), n’arrivent pas, en général, à obtenir du financement. Ce type d’entreprises sociales ont de fortes perspectives de croissance mais peu de chance de produire des retours financiers équivalents à ceux du marché. Et pourtant, ces entreprises sont des candidats idéals pour une fondation voulant faire de l’investissement d’impact. En effet, le capital utilisé est “remboursable”, et les fondations peuvent ainsi récupérer une partie ou la totalité de leur argent, parfois avec des intérêts, pour le réutiliser pour un autre investissement social.

Si on prend l’exemple de l’Inde, ou près de 75% des 1,2 milliard d’habitants vivent avec moins de 2 dollars par jour. Fournir des services de base (eau potable, électricité, etc…) est une opportunité pour les entreprises sociales, mais presque aucune de ces entreprises généreront retours financiers équivalents à ceux du marché, du moins à court terme.

Or ces entreprises sociales méritent une aide et c’est là que les fondations peuvent avoir un rôle, grâce à une politique d’investissement d’impact où les rendement financiers ne sont pas la raison principale de faire l’investissement. Malheureusement les fonds d’impact que l’on retrouve actuellement sur le marché visent une certaine rentabilité équivalente à celle du marché, fermant la porte à toutes ces petites entreprises sociales qui fournissent un service souvent nécessaire aux plus démunis.

Une étude de la revue Stanford Social Innovation de 2013, révèle que très peu d’investisseurs sont prêts à investir dans des entreprises ciblant les plus démunis. Ces entreprises sont dans une zone “grise”, entre les associations (aucun rendement) et les entreprises (rendement du marché). Root Capital, un acteur important de cette zone “grise”, estime qu’il y a des milliers d’entreprises en phase de démarrage « qui ont un potentiel d’impact démesuré mais qui n’ont toujours pas accès au financement et au soutien dont elles ont besoin pour grandir ».

En acceptant des rendements financiers plus faibles, les fondations peuvent soutenir ces entreprises qui cherchent à servir les populations les plus marginales, car le profit n’est pas leur motivation principales. Dans certains pays, ces entreprises reçoivent des investissements et des subventions, dans le cas où une partie de leurs coûts d’exploitation ne peut être couvert. Aux Etats Unis, la fondation David and Lucile Packard accorde par exemple des prêts à un taux d’intérêt annuel de 1%.

En France, les fondations ne sont pas aussi avancées. Nous avons besoin d’un changement de mentalité mais aussi un changement des processus d’investissement et de compétences internes nécessaires. De nombreuses analyses montrent que ces investissements sont en général remboursés, en partie ou en totalité, ce qui permet aux fondations de redéployer leur capital. Mais l’investissement d’impact nécessite un ensemble de compétences différentes de celles requises pour allouer des subventions. Certaines fondations basées aux États-Unis ont créé des équipes dédiées qui évaluent et gèrent les investissements d’impact. Mais pour la plupart des fondations, de tels investissements restent trop complexes à mettre en place. Il est temps pour les fondations de renforcer leur capacité à investir dans ces entreprises sociales qui ne réaliseront peut-être jamais de rendements financiers adéquates mais qui pourront générer des impacts sociaux importants.

Voir également:

https://thegiin.org/research/publication/eyes-on-the-horizon

https://ssir.org

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